Peindre est une autre façon d'écrire. Que j'écrive ou que je peigne, à chaque fois,
je repars du désordre enfantin de mes émotions. Des premiers mots qui me viennent.
Ou de taches de peinture sur une toile. Après, s'engage une aventure, menée en grande partie à l'aveuglette. J'expérimente et tâtonne. Avance et recule. Tant que je peux.
Jusqu'à une forme d'évidence.
B.N.L.

ACTUALITÉ

Un nouveau livre

Riant aux papillons d’or évoque une aventure vécue à la lumière du Roi Lear (Shakespeare). Ce genre d’aventure s’appelle aujourd’hui un « accompagnement ». Celui que j’ai accompagné, et continue d’accompagner dans ce « roman », est mon père, un quasi-centenaire qui a été ingénieur, vient d’être diagnostiqué Alzheimer, mais garde encore beaucoup, beaucoup de caractère.
L’accompagnante, la narratrice, est sa fille, peintre et écrivain dans la soixantaine. Presque tous les jours, de 2000 au 29 janvier 2004, elle est allée chez son père. Elle a observé avec émotion, admiration et agacement ses façons de parler et de se comporter. De vieilles oppositions en ont profité pour refaire surface. Les traces de chocs frontaux. Mais aussi des attachements et des attirances dont elle ne se doutait pas. Ces quatre années furent à l’image de mon père : concrètes, tendres, courageuses, tragiques, cocasses, intemporelles, saugrenues.
« (...) Ce n’est pas vraiment triste. Ou pas encore. Ou pas tous les instants. C’est autre chose. Une sorte de révélation. La vie, notre vie, a changé de ton et d’allure. Nous avons moins envie de nous distraire. Ou moins souvent. Ou plus follement… Quelque chose d’autre a commencé. Qui n’est pas funéraire. Qui n’est même pas une agonie. Quelque chose qu’on ne sait pas. Qui prendra du temps ? Ou n’en prendra pas ? Quelque chose, en tout cas, de diablement là ! Plus diablement là que tout ce que nous pouvons goûter, toucher, voir ou entendre. De ce quelque chose nous ne connaissons que le nom : la mort (...) »


Une exposition bientôt

Exposition personnelle
Mairie du 1er arrondissement -
4 place du Louvre - 75001 Paris
Du 12 au 24 novembre 2019


À l’origine de Louvre y es-tu ? il y a trois inoubliables émotions vécues, enfant, au Louvre. C’est à partir d’elles que j’ai tenté de parler en peinture du 1er arrondissement de Paris.
Pour faire plus ample connaissance avec le 1er arrondissement, je me suis lancée dans de longues promenades au hasard de ses rues. Mêlée, emmêlée, à ses passants, il m’est souvent arrivé de les voir plus singuliers que des personnages de roman. Plus nus encore que des statues.
Née de cette démarche, chaque toile de cette exposition associe une photo, localisée avec précision, à des personnages peints -disons très librement.
Ceci, en très humble hommage au fantastique du Grand Sphinx de Tanis, aux paupières baissées de la Dentellière de Vermeer, au dos nu de la Vénus de Milo.